Flying To Memory
Unique refuge de ma vie, équilibre
instable sur l’extrémité des rêves les plus grands, jouant et virevoltant gaiement avec le Temps construit depuis tant d’années je retourne dans le passé avec les nuages. En ces temps d’amnésie
collective et de reniement de soi, où l’on se donne à peine le sentiment de vivre, il faut sonner la trompette pour cette cause et jouer la charge. La crainte d’être ridicule dans cette société
que je ne reconnais plus me fait rire, je suis ailleurs et n’existe plus.
Il est vrai qu’ils n’existent plus, ils sont enterrés à jamais ou hantent les nuages en des âmes perdues, définitivement disparus ils s’exposent en général qu’aux sarcasmes et à la moquerie ou au
pire à l’indifférence.
D'après Jean Raspail
Flers St Paul est une de mes destination de prédilection. L'accueil, le charme de l'endroit, le calme de ce petit aérodrome, et pour ne rien perdre, une petite ville à quelques pas absolument charmante ! Pierrick, l'Historien du coin, nous offre cette histoire d'un Wellington perdu dans la nuit.
Le 06 février 1941, en début de soirée, le 311 Bomber Squadron participe à un bombardement nocturne près de Boulogne. Le Wellington Mk. 1C immatriculé L7842 EX-T quitte sa base d’ East Wretham avec à son bord les F/O : F. Cigos, E. Busina, A. Valenta, K. Krisek et les sergents : P.Uraba et G. Kopal . Le navigateur ayant commis une sérieuse erreur et le radio n’étant pas en mesure de capter la moindre onde émanant de l’ancêtre balbutiant du VOR. (Il est à noter que ce type d’appareil à été l’un des premiers à être doté de l’IFF : Identification Friend or Foo lui permettant d’être reconnu comme étant un appareil « ami » par les opérateurs radars). Le Wellington touche le sol Flérien vers 23 heures. L’équipage réalise trop tard qu’il ne se trouve pas en Angleterre mais sur un terrain réquisitionné par la Luftwaffe au cœur de la Normandie occupée. Alors que l’avion engage un demi tour – peut être entre l’actuelle piste des modélistes et les terrains de football – les sentinelles tirent dans les pneumatiques, il est stoppé net !
Après avoir été, quelques temps, emprisonné dans la région, l’équipage sera détenu du mois de mai 1942 au mois d’août 1945 au Stalag Luft « Sagan ». Le F/L Frantisek Gigo participa activement à l’évasion de nombreux prisonniers en fabriquant, à base de couvertures et de pièces d’uniformes de la RAF, des vêtements civils portés par les évadés et ce, pendant plus de 39 mois au nez et à la barbe de ses gardiens. Le P/O A. Valenta fût un des deux premiers à s’évader de ce Stalag à l’aide d’un tunnel le 24 mars 1943. Capturé quelques jours plus tard, il fût revu vivant pour la dernière fois le 31 mars avec une dizaine d’autres officiers alliés. Ses cendres reposent aujourd’hui dans le cimetière Old Garrison près de Poznan (Pologne).
Le Wellington, deux jours après que son équipage ait été emmené en détention, décida de se venger ! Alors qu’une sentinelle Allemande admirait le fuseau moteur gauche, une main maladroite vînt manipuler la commande de rentrée du train d’atterrissage écrasant ainsi le soldat... L’appareil quasi intact fût dans un premier temps calé par des traverses de bois puis, après avoir été réparé, convoyé vers l’Allemagne, au centre d’expérimentation et de tests en vol de la base de la Luftwaffe de Rechlin. Il revit l’Angleterre après la guerre.
Merci à Pierrick de Flers pour ce superbe article.
Landing to Flers St Paul - Juillet 2005
En Verticale
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