2 août 1944
Les alliés ont débarqué depuis quelques semaines, le ciel appartient aux avions de la RAF et de l’Air Force. Les aérodromes allemands subissent depuis plusieurs mois les attaques du Bomber Command, des Forteresses Volantes ou autres appareils de la TAF.
Dans ces paysages lunaires, il est difficilement imaginable que des hommes puissent encore simplement vivre. Pourtant, à Juvincourt, à l’aube du 2 deux août 1944, le Lieutenant Erich Sommer se prépare à un vol de reconnaissance sur la Normandie.
La météo est clémente, les mécaniciens vérifient dans la pénombre de l’aube une dernière fois l’Arado 334, appareil à réaction toujours en état de protype, avant de le hisser sur son chariot de décollage.
L’appareil immatriculé T9+MH (V5) était arrivé à Juvincourt le 15 juillet 1944, soigneusement camouflé et mis à l’abris, il ne restait plus qu’a attendre la réception du chariot de décollage envoyé par train et par camion d’Allemagne.
Dirigé vers la piste en béton à l’aide d’un tracteur, l’avion s’envole dans le bruit strident de ses réacteurs, sous la protection des chasseurs Me 109 et FW 190 du IV/JG 27 et du I/JG. Les deux moments vulnérable aux avions alliés sont justement le décollage et l’atterrissage.
Cap à l’Ouest et en vérifiant les multiples instruments de contrôles, il prend de l'altitude pour arriver à douze mille mètres, altitude où il est invulnérable. A sa vitesse d’environ 800 Km/h, en une demi heure il est au dessus des plages de Normandie et commence ses prises de vues. Après trois passages, il effectue un large virage à gauche pour reprendre la direction de Juvincourt.
Après avoir retrouvé ses chasseurs d’escorte près de Soissons, l’Arado arrive en vue de la piste, Erich Sommers abaisse les patins d’atterrissage, sort ses volets et l’avion se pose sur la piste en herbe, seule piste capable d’accueillir l’Arado sans train d’atterrissage.
Une heure trente environ pour un vol historique ; première mission de reconnaissance effectuée avec un avion à réaction.
Quelques jours plus tard, Juvincourt accueillait encore un autre type d’appareil aussi révolutionnaire, les Me 262 de la KG 51 « Edelweiss » en version chasseur-bombardier.
Fin août, l’aéroport était libéré par les chars de Patton…
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Je suis revenu plusieurs fois survoler Juvincourt pour remonter le temps. La région est revenue à sa vie calme et paisible, l’aéroport n’est plus utilisé depuis cette période et seul les restes des pistes en béton est facilement visible du ciel. Une ancienne tour d’observation transformée en restaurant située le long de la N44 est aussi bien visible.
Août 2005 - Premier retour sur le site
Ancienne tour d'observation - N44 - Octobre 2005 au soleil couchant